Autisme et TND : quelles structures pour quel accompagnement ?

Quand on entre dans le parcours du handicap pour la première fois, on est vite submergé par les sigles.

CAMSP, SESSAD, IME, UEMA, ESAT… Derrière chaque acronyme, une réalité concrète : un type de lieu, une équipe, un âge, une mission spécifique.

Comprendre ces dispositifs, c’est se donner les moyens de mieux orienter son enfant, d’anticiper les transitions, et de ne pas perdre de temps précieux à chercher dans la mauvaise direction.

Voici un panorama des principales structures d’accompagnement médico-social pour les personnes avec TSA (troubles du spectre de l’autisme) ou TND (troubles du neurodéveloppement), de la petite enfance à l’âge adulte.

De 0 à 6 ans : repérage et intervention précoce

La PCO — Plateforme de Coordination et d'Orientation

Dispositif créé dans le cadre de la Stratégie nationale TND 2018-2022, la PCO est le premier interlocuteur en cas de suspicion de TND chez un enfant de 0 à 7 ans.

Elle organise le parcours diagnostic et de soins, s’appuie sur des CAMSP, CMPP et CMP mis en réseau, et facilite l’orientation des familles ainsi que la réalisation des bilans nécessaires à un bon accompagnement. Concrètement : c’est la PCO qui coordonne les premiers bilans pluridisciplinaires et oriente vers les bons professionnels.

Elle finance également des séances de rééducation précoce dans l’attente du diagnostic.

Le point d’entrée : le médecin traitant ou le pédiatre, qui adresse à la PCO du territoire.

Le CAMSP — Centre d'Action Médico-Sociale Précoce

Le CAMSP est destiné aux enfants de moins de 6 ans présentant des déficiences ou un risque de handicap.

Ses missions couvrent le dépistage, le bilan pluridisciplinaire, la rééducation précoce, l’accompagnement des familles et l’aide à l’inclusion en milieu ordinaire.

Ses soins sont intégralement pris en charge, ce qui est particulièrement utile pour des spécialités non remboursées en libéral comme la psychomotricité ou l’ergothérapie.

Pas de notification MDPH requise. Les parents peuvent solliciter directement le CAMSP, ou y être orientés par l’hôpital, le médecin, la PMI ou l’école.

À la sortie du CAMSP (vers 6 ans), l’enfant est en général orienté vers un SESSAD, un suivi libéral, ou un IME selon ses besoins.

Le CMPP et le CMP

Le CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique) accueille les enfants de 0 à 18 ans présentant des difficultés d’apprentissage, des troubles du comportement ou une souffrance psychique. Consultations ambulatoires, quelques heures par semaine. Pas de notification MDPH requise. Financé par l’Assurance Maladie.

Le CMP (Centre Médico-Psychologique) est une structure de soin psychiatrique publique, sectorisée. Il relève du sanitaire , non du médico-social , et propose un suivi pédopsychiatrique. Les deux sont complémentaires et peuvent intervenir en parallèle.

Dispositifs d'inclusion scolaire (3 à 18 ans)

L’inclusion scolaire est le principe directeur des politiques publiques depuis la loi du 11 février 2005. Pour les enfants TSA/TND, elle prend plusieurs formes selon le niveau d’autonomie et les besoins :

La classe ordinaire avec soutien

avec ou sans AESH, avec ou sans appui d'un SESSAD ou d'un professionnel libéral intervenant sur le temps scolaire.

L'UEMA — Unité d'Enseignement Maternelle Autisme (3 à 6 ans)

L'UEMA accueille de petits groupes d'enfants autistes au sein même d'une école maternelle ordinaire.
L'équipe, spécialement formée aux bonnes pratiques recommandées par la HAS, se compose en général d'un enseignant spécialisé, d'éducateurs, de psychologues, de psychomotriciens et d'orthophonistes.

Les enfants bénéficient ainsi de l'environnement scolaire ordinaire, d'actions éducatives et rééducatives spécialisées, et de temps d'inclusion progressive en classe.

Effectif : 7 enfants maximum.
Durée : 3 ans. Notification MDPH requise.

L'UEEA — Unité d'Enseignement Élémentaire Autisme (6 à 11 ans)

L'UEEA accueille jusqu'à 10 élèves avec TSA au sein d'une école élémentaire ordinaire.

Elle s'adresse aux enfants pour lesquels une scolarisation en ULIS ou avec une aide humaine individuelle ne suffit pas.
L'enseignement y est adapté, avec des temps progressifs de participation dans la classe de référence, au sein d'un cadre structuré et sécurisant.
L'équipe associe enseignants de l'Éducation nationale et professionnels du médico-social.
Notification MDPH requise.

Le DAR / Autorégulation (6 à 18 ans, école, collège, lycée)

Le DAR s'adresse aux enfants TSA sans déficience intellectuelle sévère, capables de suivre le programme scolaire ordinaire, mais dont le niveau cognitif est souvent masqué par des troubles du comportement ou des troubles associés.
L'enfant reste dans sa classe de référence avec ses camarades ; une équipe médico-sociale et un enseignant dédié interviennent dans l'école pour le soutenir dans la gestion de ses émotions, de son attention et de ses apprentissages.

Pas de classe séparée : le soutien vient à l'enfant. Depuis 2024, le dispositif s'élargit à l'ensemble des TND et se déploie progressivement au collège et au lycée.
Notification MDPH requise.

L'ULIS — Unité Localisée pour l'Inclusion Scolaire

Dispositif Éducation Nationale (non médico-social), présent en école, collège et lycée. L'enfant est scolarisé dans sa classe de référence et bénéficie en complément du soutien d'un enseignant spécialisé. Pour élèves avec troubles cognitifs, TSA, troubles moteurs ou sensoriels.
Notification MDPH requise.

Le déficit de places : une réalité que les familles connaissent bien

Ces dispositifs existent, progressent, mais restent très insuffisants au regard des besoins réels.

À la rentrée 2025, on compte 668 dispositifs TND sur l’ensemble du territoire, dont 5 000 élèves accompagnés en UEMA, UEEA ou autorégulation.

C’est 75 dispositifs de plus qu’en 2024 — mais les associations estiment que seuls 20 % des enfants autistes disposent d’une solution adaptée alliant scolarisation ordinaire et enseignement spécialisé.

Plus de 11 000 enfants en situation de handicap attendent par ailleurs une place en IME.

Les listes d’attente pour une UEMA ou une UEEA se comptent en mois, parfois en années.

C’est dans cet espace, entre le droit à l’inclusion et la réalité des places disponibles, que Féora intervient.

Le Centre ATYS accompagne depuis 2016 les enfants TSA/TND qui ne trouvent pas de solution adaptée dans le système ordinaire. Le programme Tremplin, en cours de déploiement à la Maison Féora prévue en 2027 à Décines, prolongera cette mission avec un accompagnement intensif et individualisé, conçu pour préparer ou maintenir l’inclusion scolaire des enfants dont les besoins ne sont pas couverts par les dispositifs existants.



Structures spécialisées : quand l'inclusion ne suffit plus

Pour certains enfants, l’inclusion en milieu scolaire ordinaire — même avec les meilleurs dispositifs — n’est pas adaptée à leurs besoins, du moins à un moment donné de leur développement. Ce n’est pas un échec : c’est une réalité clinique qui mérite d’être nommée clairement.

Les structures spécialisées (IME, ITEP, établissements hors contrat sous agrément) offrent un cadre thérapeutique, éducatif et pédagogique plus intensif, avec des équipes pluridisciplinaires dédiées et des ratios d’encadrement élevés.

L'IME — Institut Médico-Éducatif (6 à 20 ans)

L'IME accueille des enfants et adolescents avec déficience intellectuelle, quel qu'en soit le degré.
Son objectif est de dispenser une éducation et un enseignement spécialisés, en intégrant les dimensions psychologiques et les techniques de rééducation.
Accueil en journée ou en internat.
Scolarisation interne assurée par des enseignants spécialisés de l'Éducation nationale.
Notification MDPH requise

L'ITEP — Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (6 à 20 ans)

Accueille les enfants et adolescents présentant des troubles du comportement et de la conduite, sans déficience intellectuelle principale.
Fonctionne de plus en plus en "dispositif ITEP" (DITEP), avec des modalités modulables : internat, semi-internat, ambulatoire, selon les besoins de l'enfant à un moment donné.

Quand orienter vers du spécialisé ?

Il n’existe pas de règle universelle. Les signes qui peuvent indiquer qu’une orientation spécialisée est préférable à l’inclusion :

  • Comportements qui mettent en danger l’enfant ou son entourage et qui ne peuvent être accompagnés en milieu ordinaire
  • Absence totale de communication fonctionnelle nécessitant un travail intensif quotidien
  • Épuisement de l’enfant et de la famille dans un cadre inclusif inadapté
  • Profil nécessitant une rééducation intensive (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie) à une fréquence incompatible avec la scolarisation ordinaire

Un point crucial souvent mal compris : orienter rapidement un enfant vers une structure spécialisée adaptée; dès lors que c’est indiqué, n’est pas renoncer à l’inclusion.

C’est au contraire optimiser une fenêtre de développement précieuse.

Les dernières Recommandations de Bonnes Pratiques de la HAS adoptées en janvier 2026 insistent sur l’importance des interventions précoces et intensives : chaque mois compte dans les premières années.

La question n’est pas « inclusion ou spécialisé ? » mais « quel est le cadre qui permet à cet enfant, à ce moment précis de son développement, de progresser le mieux possible ? »

Les parcours ne sont pas figés.

Un enfant peut commencer en structure spécialisée, puis intégrer une UEEA, puis une ULIS. L’inverse est aussi possible.

Ce qui doit guider les décisions, c’est le projet de l’enfant, pas la disponibilité des places.

Le SESSAD : un dispositif transversal

Le SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile) mérite une mention à part, car il ne s’inscrit pas dans la logique inclusion/spécialisé — il peut accompagner les deux.

Le SESSAD intervient sur les lieux de vie de l’enfant : école, domicile, loisirs. Il accompagne les enfants et adolescents porteurs de TSA ou de déficience, scolarisés en milieu ordinaire ou dans un dispositif d’intégration collective, grâce à une équipe pluridisciplinaire. Il peut aussi soutenir un enfant en IME pour préparer sa sortie vers le milieu ordinaire. Des SESSAD TSA spécialisés existent dans plusieurs territoires. Notification MDPH requise. Financé par l’Assurance Maladie.

 

Les listes d’attente pour un SESSAD TSA sont souvent longues — plusieurs mois, parfois plus d’un an. Pendant cette période, l’enfant peut se retrouver sans accompagnement structuré, au moment précisément où chaque semaine compte pour son développement.

C’est l’un des angles morts que Féora cherche à combler : proposer aux enfants TSA/TND un accompagnement intensif et individualisé pendant les périodes d’attente, ou lorsque les dispositifs existants ne couvrent pas suffisamment leurs besoins.

À l'âge adulte : insertion et autonomie

 

Le passage à 20 ans est souvent une rupture brutale dans les parcours : les droits ouverts pour l’enfant ne se transfèrent pas automatiquement, et une nouvelle orientation MDPH est nécessaire.

Anticiper cette transition, idéalement dès 16-17 ans, est essentiel.

Les dispositifs pour adultes s’organisent autour de trois logiques distinctes selon le niveau d’autonomie de la personne.

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1/ Vie à domicile et soutien à l'autonomie

Pour les adultes TSA/TND vivant chez eux ou de façon semi-autonome, deux services d’accompagnement existent, sans hébergement :

Le SAVS (Service d'Accompagnement à la Vie Sociale)

Il soutient les démarches administratives, la vie sociale et les loisirs. Sans composante médicale.
Pour les personnes avec un niveau d'autonomie suffisant pour vivre seules ou en famille.

Le SAMSAH (Service d'Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés)

Il assure le même rôle, avec en plus un suivi médical et paramédical régulier à domicile.

Pour les personnes nécessitant un accompagnement de santé régulier en plus du soutien social.

Le SAJ ( Service d'Accueil de Jour)

Il accueille en journée des adultes en situation de handicap qui ne peuvent pas ou plus exercer une activité professionnelle.
L'objectif n'est pas l'insertion au travail, mais le maintien des acquis, le développement de l'autonomie et le lien social — à travers des ateliers, des activités culturelles, sportives ou de la vie quotidienne.

L'accueil est modulable : à la demi-journée ou à la journée, à temps partiel ou complet, selon le projet personnalisé de la personne. Certains SAJ sont généralistes, d'autres spécialisés selon le type de handicap.

Pour les familles d'enfants TSA, c'est souvent la première orientation après 20 ans — notamment pour les jeunes adultes sortant d'IME qui ne relèvent pas encore (ou pas du tout) d'un ESAT.

Notification MDPH requise (orientation CDAPH).

2/ Hébergement accompagné

Pour les adultes ne pouvant pas vivre seuls, trois niveaux de structure existent selon le degré de dépendance :

Le Foyer d'hébergement

Il accueille des adultes travaillant en ESAT ou en milieu ordinaire.
Hébergement permanent, accompagnement social, sans soins médicaux lourds.
Objectif d'autonomie sociale et professionnelle.

Foyer d’accueil médicalisé (FAM)

Il propose un hébergement permanent avec assistance pour les actes essentiels de la vie et une présence médicale.
Double financement : Assurance Maladie (soins) et Conseil Départemental (hébergement).
Pour les adultes avec dépendance modérée à significative.

MAS – Maison d’Accueil Spécialisée

C'est la structure la plus médicalisée, pour les adultes avec dépendance lourde nécessitant soins et surveillance constants. Financement intégral par l'Assurance Maladie.

Pour les adultes TSA en situation très complexe — troubles sévères, comorbidités TND, comportements mettant en danger la personne ou son entourage, situations résistantes aux prises en charge habituelles — des unités résidentielles spécialisées (désignées URTSA dans plusieurs régions) ont été créées dans le cadre de la Stratégie nationale.

Ces petites structures de 6 résidents fonctionnent 24h/24 et 365 jours/an, avec un accompagnement expert et intensif.

Juridiquement rattachées au statut de MAS, elles accueillent des personnes de plus de 16 ans. L’admission se fait sur notification CDAPH, après instruction d’un dossier spécifique évaluant les critères de complexité.

 Leur déploiement se poursuit progressivement sur l’ensemble du territoire, avec des disparités importantes selon les régions.

3/ Insertion professionnelle

L’accès à l’emploi est l’un des défis majeurs pour les adultes TSA. Les capacités professionnelles des personnes autistes sont souvent sous-estimées , ou mal orientées,  faute d’accompagnement adapté.

Deux dispositifs principaux existent, selon le niveau d’autonomie de la personne.

L'ESAT (Établissement et Service d'Aide par le Travail)

permet à des adultes en situation de handicap d'exercer une activité professionnelle en milieu protégé, avec un accompagnement médico-social.
Pour les adultes dont la capacité de travail est réduite mais réelle.
Ce n'est pas une structure d'hébergement mais il est souvent couplé à un foyer d'hébergement.

L'emploi accompagné

Permet aux adultes TSA d'accéder à un emploi en milieu ordinaire avec un soutien individualisé.
Ce dispositif comprend un suivi médico-social et un accompagnement à l'insertion professionnelle, de la recherche d'emploi au maintien dans le poste.
Il s'adresse plutôt aux personnes sans déficience intellectuelle sévère, capables de travailler en entreprise ordinaire avec un étayage adapté.
En pratique, un "job coach" accompagne la personne à toutes les étapes : définition du projet professionnel, préparation aux entretiens, intégration en entreprise, aménagement du poste.

Au-delà du médico-social : ce que la société civile construit

Le secteur médico-social ne peut pas tout couvrir.

Face aux listes d’attente, aux angles morts du système, et au souhait des familles de trouver des solutions plus souples et plus réactives, des associations et acteurs innovants développent des réponses complémentaires,  pour les enfants comme pour les adultes.

Ces initiatives ne se substituent pas aux structures financées par l’État : elles comblent ce qu’elles ne peuvent pas offrir.

Pour les enfants et adolescents : quand les familles créent leurs propres solutions

Face aux ruptures de parcours scolaire — enfants sans UEMA, sans UEEA, sans IME adapté, ou simplement trop longtemps en attente — des parents et professionnels ont créé des structures alternatives, principalement sous statut d’établissement privé hors contrat avec agrément rectorat. Nous vous proposons de découvrir certaines des associations partenaires avec lesquelles nous échangeons régulièrement

La Chrysalide de l'Être à Saint-Nazaire (44)

Née d'un constat de parents : à 12 ans, des enfants en situation de handicap se retrouvent sans solution scolaire, ni assez autonomes pour le collège ordinaire, ni bien servis par l'IME. La Chrysalide propose une alternative hors contrat, entre les deux.
Elle accueille des jeunes de 11 à 25 ans avec troubles sévères des apprentissages — autisme, trisomie 21, déficience intellectuelle — souvent déscolarisés, sans solution ni en milieu ordinaire ni dans le secteur médico-social. Elle a développé un programme d'insertion professionnelle financé par mécénat.

L'école Tournesol (Paris)

Tournesol est un établissement scolaire du second degré qui scolarise des jeunes de 11 à 20 ans présentant des troubles des fonctions cognitives ou mentales, dans quatre classes à effectifs réduits de 10 à 12 élèves maximum.
Il accompagne également vers l'emploi ordinaire les jeunes dès 16 ans via sa structure Tournesol Parcours Pro.
Il accueille 30 élèves par an, avec une liste d'attente permanente.

Sur les bancs de l'école (Paris)

Comme Féora, Sur les Bancs de l'école a adopté une logique différente : non pas une école à part, mais un dispositif de soutien à l'inclusion en milieu ordinaire.
Fondée en 2008 par des parents d'enfants autistes et une psychologue spécialisée, l'association aide les familles à mettre en œuvre les conditions optimales de scolarisation en milieu ordinaire, propose des prises en charge pluridisciplinaires et accompagne les démarches administratives.
Elle gère deux structures : La Maison de Ted (enfants de 2 à 20 ans) et l'Autism Friendly Académie, reconnue par le rectorat de Paris comme établissement hors contrat, qui accueille les jeunes de 12 à 20 ans en rupture scolaire pour construire un projet professionnel en milieu ordinaire.

Atys, à Caluire et Cuire (69)

Projet soutenu et porté par Féora, Atys accompagne depuis 2016 les enfants TSA/TND qui ne trouvent pas de solution adaptée dans le système ordinaire.
Centre éducatif et thérapeutique hors contrat, il accueille des enfants de 3 à 12 ans dont les besoins dépassent ce que l'école ordinaire peut offrir seule, ou qui sont en attente d'une place en SESSAD ou en IME et propose une prise en charge éducative et thérapeutique à temps partagé avec une inclusion en milieu ordinaire.

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C’est dans cette même logique que s’inscrit Féora, créée en 2024 avec une conviction : les familles d’enfants TSA/TND ne devraient pas avoir à attendre des mois ou des années pour trouver une solution adaptée.

Féora ne se substitue pas au système médico-social ,  il le complète, là où il présente des angles morts.

Son approche est pluridimensionnelle : accompagner l’enfant et sa famille à chaque étape du parcours, de l’information et l’orientation jusqu’à l’accompagnement éducatif et thérapeutique intensif, en passant par le répit, le soutien aux aidants et l’accès aux soins.

Parce qu’une famille qui s’effondre, c’est aussi un enfant qui régresse.

Le programme Féora Familles, actif depuis septembre 2025, et la Maison Féora, qui ouvrira en 2027 dans la métropole lyonnaise, incarnent cette ambition : proposer, sur un même territoire, un ensemble de réponses coordonnées et complémentaires aux dispositifs existantspour que chaque enfant TSA/TND puisse continuer à progresser, quelles que soient les solutions que le système lui offre à un moment donné.

Les GEM — Groupes d'Entraide Mutuelle

Les GEM (Groupes d’Entraide Mutuelle) occupent une catégorie à part.

Ils ne sont pas des structures médico-sociales au sens du Code de l’action sociale et des familles : ils ne délivrent ni soins ni prestations, et l’adhésion n’est pas conditionnée à une orientation CDAPH.

Concrètement : ce sont des espaces associatifs de pair-aidance, gérés par et pour les personnes concernées, où des adultes TSA/TND se retrouvent, partagent des activités et rompent l’isolement. Accès libre, sans notification MDPH.

62 GEM accueillent aujourd’hui des personnes avec TSA en France. 

Ils constituent souvent le premier pas vers une vie sociale structurée, en complément d’un SAVS ou d’un SAMSAH — ou en leur absence.

Pour les adultes : habitat inclusif, emploi accompagné, colocation mixte

L’habitat inclusif est encadré depuis la loi ELAN de 2018. Il désigne des logements dans lesquels les habitants vivent seuls, en couple ou en colocation, partagent des temps de vie ensemble et bénéficient d’un projet de vie sociale et partagée — alternative entre le domicile ordinaire et l’hébergement en établissement.

En région AURA, l’association AREVALE a ouvert Logited à Villeurbanne en mai 2022, premier habitat inclusif dédié aux adultes TSA de la région.

À Saint-Étienne, le DALIAA, porté par les PEP 42 et l’association Autistes dans la cité, propose 6 appartements en plein cœur de ville avec un accompagnement de type SAMSAH intégré.

En Isère, Sésame Autisme Rhône-Alpes porte le projet « Graines de Sésame », une colocation inclusive prévue pour 2027. 

Fratries, développe un modèle différent : la colocation mixte entre jeunes avec et sans handicap. Chaque maison accueille une dizaine de jeunes, dont la moitié avec handicap mental ou cognitif, en logement situé en cœur de ville, avec une responsable de maison garante du vivre-ensemble. Après des ouvertures à Nantes, Colombes et Rennes, une quatrième maison a ouvert fin 2024. 

L’emploi accompagné permet aussi aux adultes TSA d’accéder à un emploi en milieu ordinaire avec un soutien individualisé à toutes les étapes. 

L’association VETA (Vivre et Travailler Autrement) propose un SAMSAH (Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés) qui combine emploi et habitat TSA. L’association a démontré que ce modèle fonctionne même pour des profils complexes : en 2025, le ministère du Travail a intégré son approche dans la Stratégie nationale TND 2023-2027. 

Le nombre de projets d’habitat inclusif est passé de 658 en 2021 à 2 283 en 2024.

Ces initiatives montrent que des solutions existent en dehors du circuit médico-social classique.

Elles sont souvent plus réactives, plus souples — mais restent complémentaires, non substituables, aux structures financées par l’État, et leur pérennité dépend largement de l’engagement associatif et du mécénat privé.

Pour aller plus loin : où s'orienter ?

Connaître les structures, c’est indispensable. Mais ce n’est pas suffisant.

En France, le droit à l’accompagnement existe sur le papier pour chaque enfant et chaque adulte en situation de handicap.

La réalité, elle, ressemble souvent à autre chose : des listes d’attente qui s’étirent sur des années, des territoires sous-dotés, des transitions mal anticipées, des familles qui portent seules le poids de l’orientation, de la coordination et parfois de l’accompagnement quotidien — faute de place ailleurs.

Le système médico-social français n’est pas sans ressources. Il a progressé, il continue d’évoluer.

Mais ses angles morts sont réels, documentés, et vécus chaque jour par des milliers de familles.

C’est pourquoi la connaissance de ces dispositifs ne doit pas rester dans les mains des seuls professionnels.

Plus les familles comprennent le système, mieux elles peuvent s’y orienter, anticiper les transitions, et faire valoir les droits de leur enfant.

Si cet article vous a aidé à y voir plus clair, c’est déjà une victoire :).

Si vous cherchez de l’aide pour vous orienter, plusieurs ressources existent :

La Maison de l’autisme — lieu national de référence, physique et numérique, qui propose une orientation personnalisée vers les ressources et acteurs locaux, sans se substituer aux dispositifs de soins ou d’accompagnement.

Les CRA — Centres de Ressources Autisme — présents dans chaque région, ils informent, conseillent et orientent les personnes TSA, leurs familles et les professionnels sur les dispositifs de diagnostic, de soins, d’éducation et d’accompagnement. 

gncra.fr pour trouver le CRA de votre région.

La MDPH de votre département — premier interlocuteur institutionnel pour toute demande d’orientation, de compensation ou d’accompagnement. C’est elle qui instruit les dossiers et notifie les orientations via la CDAPH.

Autisme Info Service — numéro national d’information et d’écoute dédié aux familles et aux personnes concernées par l’autisme : 0 800 71 40 40 (gratuit, du lundi au vendredi).

Féora Familles — si vous êtes sur le territoire lyonnais ou la métropole de Lyon (ou même ailleurs en France ;), Féora peut vous aider à vous orienter dans les dispositifs existants, identifier les solutions adaptées à votre situation, et vous accompagner dans vos démarches.

Les solutions existent.
Ensemble, faisons-les grandir.

Ils ont choisi de soutenir Féora dès le départ

Ces partenaires fondateurs nous ont fait confiance pour poser les premières pierres de Féora et préparer l’ouverture de la Maison Féora.

Rejoignez-les et faites partie des bâtisseurs de Féora.